Shopping cart

Subtotal CFA0.00

View cartCheckout

POLITIQUE
7

Face aux départs vers Kiiraay, aux interrogations sur les fonds politiques, au débat sur son patrimoine et aux prochaines échéances électorales, le président de l’Assemblée nationale et leader de Pastef a voulu afficher sérénité et fermeté.

Une prise de parole très attendue. Ousmane Sonko a choisi ce dimanche 16 août de prendre la parole dans un entretien spécial diffusé simultanément par Walf TV, Xalaat TV, Sud FM et Solo Media Group. Une intervention particulièrement scrutée, alors que la majorité politique issue de la présidentielle de 2024 traverse une nouvelle séquence marquée par la création de Kiiraay, les départs de certains militants de Pastef et les tensions autour de la gestion des fonds publics.

« Pastef est plus fort qu’il y a un ou deux ans »

Sur les départs de militants et de responsables vers Kiiraay, Ousmane Sonko se veut catégorique : il ne considère pas cette situation comme une menace existentielle pour son parti.

Pour le leader de Pastef, la formation politique serait aujourd’hui plus solide qu’elle ne l’était il y a un ou deux ans. Une manière de relativiser les défections enregistrées depuis le lancement du parti porté par le président Bassirou Diomaye Faye.

La création de Kiiraay a pourtant rebattu les cartes. Plusieurs responsables et militants ont annoncé leur ralliement au nouveau parti, donnant naissance à une compétition politique qui pourrait prendre une dimension particulière lors des prochaines élections locales.

Mais Sonko entend manifestement conserver l’initiative. Pour lui, le véritable rapport de force ne se mesure pas au nombre de départs annoncés dans la presse, mais à la capacité des formations à mobiliser les électeurs.

Sonko-Diomaye : derrière la rupture, le refus d’une crise institutionnelle

L’autre grande question de l’entretien concernait naturellement ses relations avec le président de la République.

Après plusieurs mois de tensions et la création de Kiiraay, les relations entre les deux hommes qui avaient porté ensemble la victoire de 2024 sont désormais au cœur de toutes les interrogations.

Sonko est notamment revenu sur les désaccords autour des fonds politiques. Il a révélé que le président Diomaye Faye avait réagi avec colère lorsqu’il lui avait proposé une réflexion sur l’encadrement de ces fonds.

Cette révélation intervient alors que le débat sur les fonds spéciaux s’est considérablement durci ces derniers jours.

Les fonds politiques, le dossier qui ne retombe pas

Ousmane Sonko a également voulu apporter des précisions sur les fonds dont il disposait lorsqu’il était Premier ministre.

Il défend l’idée que certaines dépenses de l’État nécessitent de la rapidité et de la confidentialité, notamment dans des domaines sensibles comme le renseignement. Mais il estime parallèlement que ces ressources doivent être soumises à un contrôle rigoureux.

Le sujet est devenu particulièrement explosif après les déclarations d’Aly Ngouille Ndiaye et d’Aminata Touré sur une enveloppe de 1,7 milliard de FCFA attribuée à la Primature sous Sonko. Aminata Touré a demandé publiquement des explications sur l’utilisation de cette somme.

« Je n’ai rien à cacher sur mon patrimoine »

Autre séquence forte : la déclaration de patrimoine.

Ousmane Sonko affirme n’avoir rien à cacher et se dit favorable à la publication de son patrimoine si l’OFNAC dispose légalement du pouvoir de le faire.

« Mon patrimoine est transparent », a-t-il notamment déclaré, expliquant que ses biens se résument à son salaire, une maison située à la Cité Keur Gorgui et deux véhicules.

Revenant sur la maison, le leader de Pastef précise qu’elle aurait été donnée en dotation à sa famille. « Je n’ai que cette maison. J’ai deux véhicules. Voilà mon patrimoine », a-t-il expliqué selon les comptes rendus de l’entretien.

Cette déclaration intervient alors que la transparence du patrimoine des responsables publics est devenue l’un des principaux sujets du débat national.

Commission d’enquête : « personne ne sera épargné »

En sa qualité de président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a également défendu le rôle du Parlement dans le contrôle de l’action publique.

Concernant les commissions d’enquête parlementaires, son message se veut clair : celles-ci ne devraient épargner personne et doivent permettre de faire toute la lumière sur les dossiers qui leur sont soumis.

Une position qui s’inscrit dans le discours de reddition des comptes porté depuis l’arrivée au pouvoir du Pastef.

Le foncier et les dossiers de l’ancien régime

Le foncier demeure également au centre de cette logique de reddition des comptes.

Sonko a apporté plusieurs éclairages sur des dossiers immobiliers controversés et sur les investigations menées autour de certaines opérations foncières. Sur ces dossiers, les accusations et explications avancées restent celles des protagonistes et devront, le cas échéant, être établies par les procédures compétentes.

La dette : Sonko veut corriger certaines interprétations

L’ancien Premier ministre est enfin revenu sur la polémique née de ses déclarations concernant la dette, notamment après son passage sur France 24.

Sonko affirme que ses propos ont été interprétés de manière manipulatrice. Il distingue notamment la notion de « dette odieuse » d’une éventuelle restructuration de la dette sénégalaise.

Pour le leader de Pastef, la question centrale reste celle des conditions dans lesquelles la dette a été contractée et de son impact sur les finances publiques.

2027 en ligne de mire

Au-delà des polémiques immédiates, cette sortie médiatique dessine surtout les contours de la prochaine bataille politique.

Avec Kiiraay désormais installé dans le paysage, Pastef devra démontrer sa capacité à conserver son implantation militante et électorale. Les élections locales de 2027 pourraient constituer le premier grand test de cette nouvelle configuration politique.

En affirmant que Pastef est aujourd’hui « plus fort » qu’il y a un ou deux ans, Ousmane Sonko adresse donc un message à la fois à ses militants, à ses adversaires et à ses anciens alliés : la bataille politique ne fait que commencer.

Mame NGUIRANE

Leave a Reply

Related Post