Les performances réalisées cette année aux examens du baccalauréat et du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem) sont le fruit des efforts conjugués des enseignants, des élèves, des parents d’élèves et, plus largement, de l’ensemble de la communauté éducative. C’est l’analyse faite par Aliou Diouf, le secrétaire général national du Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen secondaire (Cusems). Il estime que les performances ne doivent pas occulter certaines préoccupations majeures comme la tricherie et les fuites d’épreuves.
L’année scolaire 2025-2026 a pris fin avec les examens du Bfem et du Baccalauréat. Que retenez-vous ?
Nous avons connu en 2026 une année scolaire mouvementée, mais qui a débouché sur un dénouement responsable. Elle a été marquée par de nombreuses tensions et plusieurs mots d’ordre de grève qui ont profondément affecté le système éducatif. Malgré ces difficultés, le sens des responsabilités a finalement prévalu.
Les négociations engagées entre les parties ont abouti à la signature d’un protocole d’accord, ouvrant la voie à un apaisement du climat social. Grâce à cet accord, les examens ont pu se tenir aux dates prévues, permettant aux élèves de poursuivre normalement leur parcours scolaire. Cette issue démontre que le dialogue social demeure le meilleur moyen de résoudre les différends et de préserver les intérêts des apprenants tout en tenant compte des préoccupations légitimes des acteurs de l’éducation.
Quelles lectures faites-vous des résultats du Baccalauréat (53,44 % de taux de réussite) et du Bfem (83,05%) ?
Les résultats enregistrés cette année sont globalement très satisfaisants. Ils sont le fruit de l’engagement, du professionnalisme et du sens élevé du devoir des enseignants, qui ont su accompagner les élèves, malgré un contexte parfois difficile. Toutefois, ces performances ne doivent pas occulter certaines préoccupations majeures.
Les tricheries et les fuites d’épreuves, particulièrement relevées lors du Bfem, constituent une menace sérieuse pour la crédibilité de nos examens et de nos diplômes. Avec l’essor des réseaux sociaux et des outils numériques, la fraude a pris une ampleur nouvelle, rendant indispensable l’adoption de mesures plus rigoureuses, tant sur le plan de la prévention que de la répression, afin de préserver l’intégrité de notre système d’évaluation.
Par ailleurs, la question des pièces d’état civil demeure aussi un défi important. Il est regrettable que des élèves soient empêchés de passer un examen pour défaut de documents administratifs. L’État doit mettre en place des mécanismes efficaces permettant à chaque candidat régulièrement inscrit de composer, tout en poursuivant les déMarses nécessaires à la régularisation de sa situation administrative. Garantir l’accès aux examens est un impératif d’équité et de justice pour tous les enfants.
Selon vous, qu’est-ce qui explique ces performances concernant le baccalauréat et le Bfem ?
Elles témoignent de l’engagement collectif de tous les acteurs mobilisés pour la réussite de l’école. Ces acquis doivent être préservés et consolidés. Il est essentiel de les capitaliser en tirant les enseignements des expériences vécues et en poursuivant sans relâche les réformes et les améliorations nécessaires afin d’élever davantage la qualité de notre système éducatif et les performances des apprenants.
Que faut-il faire pour maintenir le cap ?
Il convient de poursuivre les efforts sans relâche, car il n’existe pas de recette miracle : seuls le travail, la persévérance et l’engagement permettent d’obtenir des résultats durables. En même temps, il est indispensable de continuer à œuvrer pour l’apaisement du climat social. Un dialogue sincère et un environnement serein sont des conditions essentielles pour garantir la stabilité de l’espace scolaire, favoriser de meilleurs apprentissages et permettre à l’ensemble des acteurs de l’éducation de remplir pleinement leur mission.
En avril dernier, un accord a été signé entre le gouvernement et les syndicats du G7. Peut-on s’attendre à une année scolaire apaisée en 2027 ?
La nature de l’année scolaire 2026-2027 dépendra, en grande partie, de l’attitude du gouvernement. Si celui-ci respecte pleinement les engagements contenus dans le protocole d’accord, le secteur de l’éducation pourra s’inscrire dans une dynamique durable de stabilité et de sérénité, propice à l’amélioration des enseignements et des apprentissages.
En revanche, si le gouvernement ne matérialise pas les engagements pris, le climat social risque de se détériorer. Les organisations syndicales pourraient se voir contraintes de recourir à des mouvements de grève afin d’exiger l’application effective des accords signés. La stabilité de la prochaine année scolaire dépendra, avant tout, du respect de la parole donnée et de la mise en œuvre diligente des engagements convenus entre les parties.
Propos recueillis par Aliou KANDE






















































































