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BONNE GOUVERNANCE
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L’Assemblée nationale peut-elle engager des réformes substantielles sans l’accord de l’Exécutif ? Pour l’expert électoral et membre du GRADEC, Djibril Gningue, la réponse est non, compte tenu de la nature du régime politique sénégalais. Invité de l’émission « En Vérité » sur Radio Sénégal, il estime que l’essentiel des pouvoirs reste concentré entre les mains du président de la République.

Pour Djibril Gningue, les tensions actuelles autour des initiatives parlementaires s’expliquent en partie par le fonctionnement même des institutions sénégalaises.

« Nous sommes dans un régime présidentialiste d’essence jacobine », explique-t-il, soulignant que ce système concentre l’essentiel des pouvoirs autour du chef de l’État.

Cette configuration institutionnelle limite, selon lui, la capacité du Parlement à conduire seul des transformations profondes. « C’est ça qui explique l’impossibilité totale pour l’Assemblée nationale de faire des réformes substantielles sans l’aval du gouvernement », affirme l’expert.

Djibril Gningue identifie également le contexte économique comme l’une des causes de la tension entre le pouvoir et la majorité parlementaire. Il évoque notamment une situation d’endettement qu’il juge particulièrement préoccupante et qui impose, selon lui, de sortir rapidement le pays de cette situation.

À cela s’ajoute une différence de vision et d’approche politique entre les acteurs. Malgré leur référence commune au panafricanisme et au souverainisme, leurs choix et méthodes politiques divergent.

Pour l’expert électoral, ces divergences ne devraient toutefois pas conduire le pays vers une crise institutionnelle. Il estime que les acteurs doivent plutôt renforcer les mécanismes de concertation et le dialogue entre les institutions.

« L’intérêt supérieur du pays » doit, selon lui, primer sur les divergences politiques.

Djibril Gningue considère que le Sénégal traverse actuellement une « crise institutionnelle de basse intensité ». Une situation qui pourrait s’aggraver si les tensions entre les différentes institutions persistent.

Pour éviter un éventuel blocage, il préconise donc davantage de dialogue entre le pouvoir exécutif et le Parlement, mais aussi entre les différentes forces politiques.

L’expert estime par ailleurs que la question d’une éventuelle troisième République doit être clarifiée dans le cadre des réformes constitutionnelles envisagées.

Si les autorités souhaitent simplement modifier la Constitution actuelle tout en conservant le même cadre institutionnel, le Sénégal resterait dans le système actuel. En revanche, une rupture profonde avec la Constitution pourrait ouvrir la voie à une nouvelle République et à une démocratie plus participative.

Djibril Gningue rappelle que le Sénégal est passé d’un régime parlementaire, consacré par la Constitution de 1959, à un régime présidentialiste avec la Constitution de 1963, après la crise politique de 1962.

Pour lui, tant que ce cadre institutionnel demeure, l’Assemblée nationale doit composer avec le rôle central du président de la République et privilégier la concertation avec le gouvernement pour mener des réformes de grande portée.

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