La 23e Coupe du monde, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, s’est achevée par le sacre de l’Espagne, victorieuse de l’Argentine (1-0 après prolongation). Si la Roja a conquis une deuxième étoile mondiale, l’Afrique quitte cette édition avec un bilan contrasté, entre performances historiques, immenses regrets et profondes déceptions.
Avec neuf équipes qualifiées pour les seizièmes de finale, un record pour le continent, le football africain a confirmé sa montée en puissance. Mais au fil des matchs à élimination directe, les représentants africains ont été éliminés les uns après les autres.
Le Maroc a une nouvelle fois porté les ambitions du continent en atteignant les huitièmes de finale, confirmant que son épopée de 2022 n’était pas un accident. Le Cap-Vert, en revanche, est la véritable révélation de cette Coupe du monde. Pour sa toute première participation, la petite nation insulaire de moins de 600 000 habitants a impressionné la planète football. Invaincus en phase de groupes, les Requins Bleus ont tenu tête à plusieurs grandes nations avant de pousser l’Argentine dans ses derniers retranchements en seizièmes de finale. Malgré leur élimination, ils repartent avec le respect de tous et incarnent l’une des plus belles histoires de ce Mondial.
L’Égypte, de son côté, a enfin remporté son premier match dans une phase finale de Coupe du monde et atteint pour la première fois les matchs à élimination directe. Les Pharaons ont toutefois vu leur parcours s’arrêter face à l’Argentine, future finaliste, une élimination qui ne ternit pas les progrès affichés tout au long du tournoi.
En revanche, le Sénégal quitte cette Coupe du monde avec un immense sentiment de gâchis. Battus 3-2 après prolongation par la Belgique après avoir mené 2-0 jusqu’à la 85e minute, les Lions de la Téranga ont signé l’une des plus grandes désillusions du tournoi. Au-delà de cet incroyable effondrement sportif, la sélection sénégalaise a été secouée par de nombreuses polémiques extra-sportives relayées par la presse : tensions internes, critiques sur la gestion de la tanière, choix techniques contestés et climat délétère autour de l’équipe. Autant d’éléments qui ont alimenté les interrogations sur la préparation et la gouvernance de la sélection. Cette élimination pourrait ouvrir une période de profondes remises en question pour le football sénégalais.
La RD Congo est passée tout près d’un exploit contre l’Angleterre, l’Algérie a été stoppée par la Suisse, la Côte d’Ivoire a cédé face à la Norvège d’Erling Haaland, tandis que l’Afrique du Sud a quitté la compétition avec les honneurs contre le Canada. La Tunisie reste la seule sélection africaine éliminée dès la phase de groupes.
Malgré ces éliminations, cette Coupe du monde 2026 restera comme celle de la confirmation du football africain. Les performances du Maroc, du Cap-Vert, de l’Égypte ou encore de la RDC démontrent que le continent rivalise désormais avec les meilleures nations. Si aucun représentant africain n’a atteint le dernier carré, les bases d’un avenir encore plus ambitieux sont désormais solidement posées.
Mame NGUIRANE













